Lapsang & Capuccino


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Sortir de sa zone de confort

La fin d’année 2013 a été particulièrement explosive pour nous.
Dans la famille, en gros, on aime jouer les warriors et on est un peu adeptes de la formule « package » tout compris.
En substance, après la fin 2012 et le défi du « toi aussi, déménage avec un nourrisson de 3 mois et des coliques », on s’est dit qu’on n’était quand même pas des mauviettes et qu’on allait remonter tout ça d’un level.
Ca a donc donné quelque chose comme ça: « Vous voulez changer de boulot Madame? Paaaaaarfait, mais sincèrement réfléchissez bien, je pense que vous n’en goûterez toute la saveur que si vous y rajouter un petit déménagement, des travaux de peinture dans votre nouvel appartement, une bonne remise à neuf de l’ancien, l’invitation de la famille complète des deux côtés pour les fêtes et votre préavis à terminer jusqu’au bout. Ah, et le chef vous recommande particulièrement d’y saupoudrer un zeste de « préavis à cheval sur le déménagement et les fêtes » et « temps pourri le jour du déménagement », je vous assure, vous sentirez toute la différence, vous ne le regretterez pas un instant »!

Dont acte. Inutile de dire qu’on a un peu l’impression d’être passés à l’essoreuse, pour parler par euphémisme.
Du coup, quand je me sens aussi fatiguée, lessivée et raplapla depuis quelques temps, je ne m’interroge pas vraiment plus loin et je me dis, remplie d’auto-empathie, que j’ai un petit peu le droit d’être dans cet état vu qu’on a fait voler tous nos repères en une quinzaine de jours.

« Sortir de sa zone de confort » est, au regard de tous ces événements, un peu la phrase qui me tourne dans la tête depuis qu’on a commencé le premier carton. Certes, nous avons déménagé dans un lieu que nous connaissions, qui nous manquait à Monsieur et moi-même, et que nous ne regrettons pas une seconde d’avoir retrouvé, même au prix payé dans ce carnage qu’était notre déménagement.
Pour le boulot, c’est un peu autre chose en ce qui me concerne. Je change radicalement d’univers, passablement de tâches quotidiennes, énormément de rythme. Je sais qu’à terme j’arriverai à y trouver ma place, mais je quitte une entreprise dans laquelle je n’avais plus aucune perspective ni plaisir, mais où néanmoins j’y avais mes habitudes, mon équipe, ma façon de fonctionner et mes repères.
Aujourd’hui, c’est un peu comme apprendre une nouvelle langue. De beaux défis en perspective, de l’envie et du plaisir revenus, mais de nouveaux codes à apprivoiser, aussi bien humains que techniques.

Au milieu de tout ça, ballottée par les courants contraires et quelques sautes d’humeur, je me sens étrangement heureuse et c’est sans doute le plus important. Je me raccroche à mes fondamentaux, mon couple, ma fille, nos envies communes, ma famille qui me soutient sans faille (merci, merci à elle), mon bonheur d’être dans cette ville, ici et maintenant. Et puis je savoure les joies quotidiennes, petites et grandes, étonnamment sereine, sans doute parce qu’enfin, je me dis que j’ai trouvé ma place et que je vais l’occuper pleinement….

FDC

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